Normalisation du ligamentum laciniatum

25 Sep 2015

Normalisation du ligamentum laciniatum

 

La clef de la méthodologie ostéopathique est la maîtrise de l’anatomie.

Il est bien entendu primordial de considérer tout traitement ostéopathique selon le principe de la globalité ; c’est pourquoi il faut posséder la subtilité de l’analytique pour pouvoir comprendre la synthèse ; en ce sens, le traitement d’une des nombreuses chaînes myo-fasciales du membre inférieur passe par la normalisation de chacun des maillons constituant cette chaîne.

Les fasciae du pied sont nombreux et complexes et tous en interrelation comme vous pouvez le constater sur le tableau ci-dessous oú ne sont représentés que les principaux fasciae.

 

 

Le fascia laciniatum est un des nombreux retinaculum de la face interne du pied.

Il a un rôle fondamental qui consiste à déterminer un tunnel dans lequel vont passer toutes les artères, les veines et les nerfs plantaires interne (ce qui semble logique), mais aussi les artères, les veines et les nerfs plantaires externes.


Toute la « vie du pied » est en relation avec la qualité du fascia laciniatum.

Quel bel exemple ostéopathique que celui du traitement du fascia laciniatum qui pourra être envisagé pour toutes les lésions du pied !

Fascia laciniatum

 

Description de la technique  

 

Position du patient :

Le patient est en decubitus; le membre inférieur à traiter est totalement détendu ,donc, en légère rotation externe de hanche dans la majorité des cas.
 

Placement de l’ostéopathe :

Il est debout face au patient.
Sa main céphalique se place en pince antérieure aux 2 malléoles pour stabiliser l’arrière pied.
Sa main caudale est telle que son éminence thénar se place jusqu’à la racine sous malléolaire du ligamentum laciniatum et empaume le calcanéum en respectant le trajet oblique en bas et en arrière du dit laciniatum.
 


Action

Après une écoute de la respiration intrinsèque du ligament, l’ostéopathe induit par un mouvement lemniscatoire la normalisation du rythme de ce ligament.


1 – Normalisation mécanique

La main céphalique sert de point fixe et la main caudale devient mobile.

De façon à créer un mouvement lemniscatoire, l’ostéopathe alterne les mises en tension des différentes extrémités du ligament, sans oublier d’avoir un contact global de toute la surface de l’éminence thénar, pour avoir une composante d’expansion latérale intra fibrillaire.

Ce travail mécanique n’a de sens que s’il n’existe aucune lésion sous-talienne ou tibio-talienne ou tibio-calcanéenne (bien entendu, ces lésions locales peuvent être la cause d’autres lésions primaires à distance).


2 – Normalisation fluidique

Elle s’effectue dans le sens des fibres, de façon à stimuler l’harmonie du rythme histologique gel/sol caractéristique de tout tissu fascial dont fait partie le ligamentum laciniatum.


L’écoute de ce ligamentum laciniatum permettra de normaliser le rythme alternatif et régulier de la respiration de ce fascia en créant des délais entre son expansion et sa réduction.
 

Conclusion


Le ligamentum laciniatum est certes une structure orthopédique dont la qualité intervient tant sur la stabilité que sur la mobilité de la jambe et du pied ; mais c’est surtout, comme nous l’avons vu précédemment, une gaine pour les vaisseaux et les nerfs médiaux et latéraux du pied.

Tout Ostéopathe respectant la règle de A.T.Still « le rôle de latere est absolu », se doit de considérer le traitement du ligamentum laciniatum.

Il est évident que vouloir traiter quelque lésion que ce soit au niveau de l’avant-pied (maladie de Morton, algo-neuro-dystrophie, fascites, paresthésies plantaires, conséquences vasculaires périphériques du diabète, etc.) sans permettre la liberté de conduction neurologique et de drainage vasculaire,donc sans relâcher le ligamentum laciniatum n’a pas de sens d’un point de vue ostéopathique.

Traitement volumétrique et normalisation du fascia présacral

25 Sep 2015

Traitement volumétrique et normalisation du fascia présacral

 

 

Rappel


Le corps est constitué de 70% d’eau intra et extracellulaire.

Cette eau permet la mobilité et le déplacement de très nombreux vecteurs, à condition que cette dernière soit elle-même mobile.

Ce liquide, associé à du tissu conjonctif inorganisé, ne se déplace pas n’importe comment. Il a des mouvements lemniscatoires antéro-postérieurs, transversaux, obliques etc.

Ce liquide se trouve dans des « sacs » que l’on nomme péritoine, lorsqu’il s’agit des viscères abdominaux, plèvre, lorsqu’il s’agit des poumons, « péricarde » lorsqu’il s’agit du cœur etc. Le terme général étant « fascia ».

Le plus important des nombreux fasciae du petit bassin semble être le fascia présacral, car il est en rapport avec tous les organes uro-vésicaux et génitaux, et avec le reliquat de l’aorte embryologique (artère sacrale médiane), les veines parallèles et surtout la connexion des 2 branches sympathiques terminales avec le ganglion de Walter.

 

Description de la technique  

 


1 - Traitement volumétrique


Il convient d’écouter la motilité intra pelvienne et de la suivre jusqu’à sentir un point d’équilibre.

Ce travail doit se maintenir dans la même direction, jusqu’à sentir une résistance, voire un petit rebond auquel l’on s’associera immédiatement dans le sens du retour.

Ce travail se poursuit jusqu’à ce qu’une relative densité soit perçue sans aucun mouvement extrinsèque, mais un point d’équilibre signifiant que la normalisation est atteinte.

Il se peut que l’on n’arrive pas à ce point d’équilibre, car une lésion intrinsèque (viscérale ou autre) perturbe ce mouvement liquidien. Bien entendu, cette information diagnostique sera immédiatement prise en compte et traitée avant de reprendre la normalisation volumétrique.

 

Selon P. Kamina (petit bassin et périnée tome 1) Ed.maloine


2 – Normalisation intrinsèque

La motilité du fascia présacral doit être indépendante de la mobilité intrinsèque du sacrum.

Pour cela, il convient de placer la main céphalique sur le sacrum en direction caudale, thénar et hypothénar sur les sulcus et le III vers le coccyx ; cette main écoute la motilité du fascia présacral.

La main caudale est placée au-dessus de la main céphalique, les doigts vers l’occiput ; cette main aura la responsabilité de normaliser la mobilité du sacrum.

Il est vrai qu’il n’est pas aisé de suivre avec la main caudale la respiration mécanique et avec la main céphalique le MRP. Les rythmes étant proches mais différents, l’ostéopathe pourra induire l’exagération de cette différence en freinant l’un ou l’autre des mouvements pour créer un délai et normaliser la motilité du fascia présacral.

Les rythmes doivent être normalisés jusqu'à être différents mais réguliers pour justifier de leur autonomie, de leur rapport mais surtout de l’inexistence de tout liens de type adhérences ou autres.


 

Ce traitement volumétrique rentre bien entendu soit en phase avec un travail volumétrique global du thorax, de l’abdomen, du cou, etc., soit en association avec un traitement plus local au niveau du petit bassin selon chaque patient.

Il est indispensable d’éliminer toutes adhérences entre les mouvements des sacro-iliaques et le fascia présacral. En effet, il serait inopportun de corriger une articulation sacro-iliaque dans le cadre d’un problème orthopédique classique (lombalgie ou autre) alors qu’en même temps la manipulation structurelle créerait une lésion intra pelvienne (torsion utérine, vésicale, ovarienne, etc.) à cause de la nouvelle tension créée par cette manipulation intempestive, sur ce fascia en lésion.